Intervention de Laurence Bernier, Dole le 18 janvier
2025
L’accord de cessez-le-feu annoncé mercredi
dernier a fait naître un immense espoir parmi la population de la bande de
Gaza.
Après 465 jours de guerre, les larmes de joies accompagnent la douleur des
souvenirs, des êtres disparus, des mois de peur, des décombres d’un territoire
détruit à 80 %. C’est aussi la fierté de brandir le drapeau palestinien.
Pour les gazaouis, ce cessez le feu est une bouffée d’air. Enfin un jour
sans bombardement ! Enfin rentrer chez soi ! Enfin l’accès à l’eau, à
de la nourriture ! Enfin l’espoir de reconstruire sa vie.
Nous avons été mobilisés depuis 15 mois, à Dole et dans toute la France,
associations, syndicats, forces politiques, citoyennes et citoyens et nous
saluons ce premier pas, fruit de la mobilisation de tous les défenseurs des
droits des peuples, des droits humains, du droit international, de la
mobilisation de tous les peuples à travers le monde qui ont manifesté sans
relâche pour que s’arrête le génocide.
Ces 3 derniers jours ont été terribles, car au moment même de l’annonce de
ce cessez le feu, l’armée israélienne a continué ses bombardements sans relâche,
rajoutant des morts aux morts, des blessés aux blessés.
Que prévoit exactement
L’ACCORD DE CESSEZ LE FEU qui doit démarrer demain (dimanche) ?
L’accord
prévoit une trêve à partir de demain qui doit durer 42 jours durant laquelle 33
otages israéliens et un millier de prisonniers palestiniens seraient libérés ainsi
qu’une augmentation de l’aide humanitaire en direction de la bande de Gaza.
Deux autres phases, de 42 jours chacune, doivent prolonger cette première
étape. Lors de la deuxième phase, Marwan Barghouti, le Mandela palestinien
devrait être libéré. Mais à chaque étape le risque est grand que le moindre
prétexte serve à suspendre la trêve.
Nous restons en
effet extrêmement prudents et mobilisés, car les propos des ministres d’extrême-droite
israéliens sont clairs : c’est vers l’effacement du peuple palestinien
qu’ils veulent continuer à aller. Il est donc impératif de poursuivre la
mobilisation internationale afin d’obtenir un cessez-le-feu définitif et
l’évacuation totale de l’armée israélienne. L’accord prévoit en effet qu’elle
demeure dans une partie de l’enclave palestinienne permettant à tout moment une
nouvelle occupation de Gaza.
Une extrême
vigilance doit être portée sur la situation en Cisjordanie et à Jérusalem.
Pendant les 15 mois de génocide, le nettoyage ethnique, le vol des terres et la
répression s’y sont considérablement aggravés. Le gouvernement de Netanyahou
n’a jamais caché sa volonté de l’annexer et le soutien de Trump lui est acquis.
Alors que la trêve était annoncée, les colons attaquaient le village de Huwara
et Israël bombardait le camp de Jénine.
Nous serons vigilants
aussi sur la situation de l’UNRWA dont le parlement israélien a voté la fin de
l’intervention dans les territoires qu’il contrôle. C’est le sort de dizaines
de milliers de réfugié·es palestinien·nes qui est en cause.
La
mobilisation doit continuer, ce sont l’occupation, la colonisation et
l’apartheid israélien qui doivent prendre fin. Le peuple palestinien doit
pouvoir exercer son droit inaliénable à l’autodétermination. Nous restons totalement
mobilisés pour que justice soit enfin rendue au peuple palestinien.
Nous
rencontrerons normalement la semaine prochaine le Sous-Préfet. Nous lui ferons
part de nos attentes vis-à-vis du rôle de la France : notamment la
reconnaissance de la Palestine et une vigilance à toute épreuve pour le respect
du droit international :
- et notamment le retrait total d’Israël du
territoire palestinien occupé, exigé par la résolution de l’ONU que la France a
votée, et qui doit être effective le 18 septembre prochain.
- nous
demanderons également la libération du Docteur Hussam Abu Safiya de l’hôpital
Kamal-Adwan, l'un des derniers centres de santé encore en activité dans le nord
de la bande de Gaza. Nous nous joignons à l’appel de l’ONU et de nombreuses ONG
pour exiger sa libération.
Je voudrai conclure avec les mots
de Ziad Medoukh, qui porte la voix des Palestiniens qui sont sur place et qui nous
adressait ses voeux pour 2025 le 6 janvier dernier
"Mes sincères amitiés de Gaza
l’abandonnée à chacune et chacun d'entre vous.
Vous la force de solidarité et de
soutien à notre cause de justice, vous la fidélité à notre résilience.
Après cette année 2024 très dure,
une année douloureuse et jalonnée d'épreuves pour les Palestiniens, avec cette
agression horrible contre la bande de Gaza qui entre dans son quinzième mois.
Et après tant d'années
désespérantes !
Mais il faut y croire et de nouveau
espérer
Entrons en 2025 avec résilience,
force et espoir
Transformons l'obscurité et le
chagrin de nuits sans étoiles en un paysage de lumière."
C’était le 6 janvier. Unissons
nos forces pour transformer le chagrin de nuits sans étoiles en paysage de
lumière. Liberté, justice, paix !
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